• Chapitre 3

    Le monde s'éveille, les oiseaux ne chantent pas, la pluie commence à tomber, doucement...Deux jeunes filles pressent le pas, l'eau les faisant grelotter. Au coin d'une ruelle isolée, un garçon, assis, laisse les gouttes d'eau se mêler à ses larmes.

    ~

    Lui,

    Hier soir, lorsque le téléphone avait sonné pour nous annoncer le décès de ma mère, mon père était resté impassible. Il n'avait pas laissé couler la moindre larme, ni entrevoir le moindre sentiment. Il avait gardé ce sourire narquois qui ne le quittait jamais. Comme si ma mère n'avait jamais eu un quelconque intérêt, comme si elle n'avait jamais été plus qu'un pion avec lequel ce monstre avait joué...Il avait fait de même ce matin en m'envoyant au collège sans même un regard compatissant. Il m'avait laissé seul comme toujours. Alors, j'étais sortis de la maison et j'avais laissé mes pieds me guidaient et lorsque la tristesse fut trop importante pour me permettre de marcher je m'écroulais au détour d'une ruelle. Je laissai mon désarroi prendre le dessus, ma vie allait changer à jamais à cause de mon père, un père qui n'en n'avait jamais était un, cet homme qui ne m'inspirait que de la haine. Je pris une poignée de cailloux et commençais à les jetais dans les flaques que la pluie avait faites. Je tentais en vain de calmer mes nerfs, plus la colère montait en moi plus j'avais l'impression de ressembler à mon géniteur et cela ne m'inspirait que du dégoût. Alors que je lançais la dernière pierre qui se trouvait au cœur de ma paume j'entendis une voix.

      ~  

    Elle,

    Je marchais au côté de Mia. Elle sautait dans les flaques qui bordaient les pavés. Elle m'éclaboussait de plus en plus ,mais je ne pouvais m'empêcher de sourire, rentrant peu à peu dans son jeu. Elle riait de plus belle, d'un rire presque enfantin. Nous nous arrachions à ce jeu tentant d'échapper à l'averse qui redoublait de puissance. Mais alors que nous courrions presque Mia trébucha. Elle se retourna alors et fixa un coin de rue. C'est à ce moment précis que je l'aperçus... Un jeune homme était assis à l'angle d'une rue. Il avait l'air assez grand ,mais je n'arrivais pas vraiment à le savoir. Il était recroquevillé sur lui-même et fixait de son regard vide les pieds de Mia. Celle-ci, s'avança vers lui et prononça un mot tellement banal face à son assurance : « Aie ! , Il ne réagit pas, il semblait perdu dans ses pensées. Ses traits étaient tirés, ses lèvres gercés et ses joues rougis par le froid. Son visage exprimait une profonde tristesse et lui donnait un côté d'ange. Mia me donna un coup de coude dans le ventre qui me coupa la respiration, je relevai la tête et elle laissa échapper un long soupir. Elle devait surement me parler depuis deux bonnes minutes mais, j'étais trop occupée à le contempler. Elle m'adressa une mine affligée avant de partir dans un grand éclat de rire qui fit relever la tête au garçon...

     ~  

    Mia,

    Comme à son habitude Sarah n'avait pas écouté un seul mot que j'avais prononcé. Au début, cela m'affligeait et m'énervais, je croyais que c'était un désintérêt volontaire de sa part. Puis, avec le temps, je mis été faite et j'avais compris que mon amie était juste une éternel rêveuse qui n'avait jamais les pieds sur terre. A chaque fois, que je lui faisais remarquer son manque d'attention elle affichait une mine de coupable qui me faisait craquer. C'est pourquoi, je me retrouvai à rire aux éclats, sous la pluie trempée jusqu'aux os. Je ne tardai pas à être rejoins par Sarah qui elle, avait remarqué la tête déconfite du garçon qui m'avait lancé une pierre. Il était assez mystérieux. Je dis cela car il avait le regard perdu à l'horizon et le visage brouillé de pluie qui retombait en un léger « floc » sur les pavés. Lorsque nous nous mirent à rire, il releva la tête.

       ~    

    Lui,

    Des rires me firent relever la tête. Je vis alors deux filles. Elles se ressemblaient énormément. Leurs cheveux blonds retombaient en cascade sur leur épaule, leurs yeux étaient semblables à des océans dans lesquelles on aurait pu se perdre mais une était plus grande que l'autre. Elles me virent et alors la plus grande se mordit la lèvre inférieure. Soudain je me déconfis, je l'avais reconnu, Sarah Grangy... Je pris mon sac que j'avais posé devant moi et partis au pas de course les bousculant. Cette rencontre m'avait bouleversé, cette fille c'était la raison de mon malheur et de mon bonheur, mon père veut sa mort et ma mère sa vie, ma mère était morte et mon père en vie... 

       ~    

    Sarah,

    Je le connaissais, mais je ne pouvais pas mettre de nom sur son visage. Je passai la première heure de cour à chercher son nom, à ruminer mes pensées, mais rien n'y faisait...Les cours passaient lentement est comme à mon habitude je n'étais guère attentive. Je mordillai mon stylo, gribouiller de petites étoiles et, enfin la sonnerie retentit nous rendant le temps de quelques heures notre liberté...Je sortais du collège, embrassait Mia et mis mes écouteurs dans les oreilles. Je marchai jusqu'à chez moi au rythme des multiples chansons. Le trajet se passa cette fois vite et sans embusque et j'arrivai rapidement devant ma porte. Et là, sur le palier se trouver une lettre et c'est là que tous me revint l'homme, Darren, ma mère.

     

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